Tribal Art magazine : Michel Leveau a consacré une grande partie de sa vie à la valorisation des arts d’Afrique. À quoi répondait cet engagement ?

Christiane Falgayrettes-Leveau : Michel Leveau a découvert l’Afrique assez tôt dans sa vie professionnelle. Polytechnicien et membre des corps des Mines, il a travaillé dans divers pays – au Mali, au Sénégal ou encore au Gabon – où il a pris conscience de l’importance du patrimoine artistique des cultures locales et de la nécessité d’en affi rmer les qualités esthétiques. C’est ainsi que l’idée de constituer une collection d’art traditionnel lui est venue. Michel Leveau a commencé alors à acquérir des pièces importantes, et ce de façon soutenue, sans pour autant se concevoir comme un collectionneur. En effet, ses motivations étaient totalement différentes : ses achats ne répondaient pas à un désir de satisfaction personnelle, mais à une volonté de montrer et de partager un patrimoine avec un large public. Cela, il l’a d’abord fait en soutenant des chercheurs et des études monographiques. Le projet d’ouvrir un espace où la collection pourrait être présentée au grand public est venu des années plus tard.