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Magazines - Tribal Art Hiver 2011
Les anciennes collections princières d’oeuvres du Mexique précolombien
Par Fatma Wille, consultante indépendante en art précolombien.
Introduction
Il n’aura fallu que trois années à Hernán Cortés pour défaire l’Empire aztèque vieux de plusieurs siècles et proclamer le début de la domination européenne sur les Amériques. En 1519, le conquistador envoyait en Espagne les présents qu’il avait reçus de la famille royale aztèque dans l’espoir de gagner ainsi les faveurs du souverain espagnol, le roi Charles Ier (futur empereur Charles Quint).
Les chroniqueurs de l’époque, tels Bernal Diaz de Castillo et Francisco de Aguilar, établirent d’interminables inventaires de ces envois au cours des sept années qu’il fallut attendre pour que ces biens quittent les rives du Mexique1. La plupart de ces
richesses étaient destinées à décorer les palais espagnols, où elles disparurent au fil du temps, mais un groupe restreint atteint les wunderkammer princiers de la Renaissance, ces fameux cabinets de curiosité. Ces artefacts furent d’ailleurs assidûment recherchés tout au long du XVIe siècle par la royauté et la noblesse2. Mais lorsque l’on étudie leur dispersion en Europe, dans les années qui suivirent
la Conquête, il s’avère que deux familles se firent remarquer pour leur goût commun et omnivore pour la collection, associé à une curiosité typiquement Renaissance : les Habsbourg et les Médicis.
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