Par Sven Haakanson Jr. et Amy Steffian, Alutiiq Museum
Introduction
Il y a moins de vingt ans, les Sugpiat avaient presque complètement oublié leurs masques traditionnels, les danses et les histoires qui les accompagnaient. Aujourd’hui tout a bien changé grâce, notamment, aux collections du musée et à l’intérêt grandissant de ce peuple pour sa culture. L’aventure des Sugpiat à la redécouverte de leurs masques vient tout juste de commencer.
Dans le gymnase vivement éclairé du petit village d’Akhiok en Alaska, une foule s’est assise sur des chaises pliantes. Les voisins et des familles entières se retrouvent au milieu des piles de manteaux humides alors que les enfants courent entre les rangs de spectateurs. C’est le début du printemps en Alaska et la communauté s’est rassemblée pour assister à une danse effectuée par les jeunes. Les gens sont heureux d’avoir l’occasion de se retrouver quand, à cette époque de l’année, le temps humide et venteux les cloître souvent chez eux.
Le rythme des tambours en peau annonce l’arrivée d’un groupe d’étudiants qui apparaissent revêtus de leur costume traditionnel. Chacun porte une robe noire descendant jusqu’aux chevilles, ornée de bandes de fourrure d’hermine blanche et de pendeloques perlées. Bam, bam, bam… L’écho des tambours résonne dans la pièce alors que les danseurs forment des lignes parallèles évoluant au rythme des percussions, tels des battements de cœur. Soudain, un jeune homme apparaît portant un masque en bois sculpté. Pieds nus, il chante, s’accroupit, saute, évolue à travers la pièce en évoquant une campagne de chasse à l’aide d’une chanson qu’il a lui-même composée. Cette démonstration très forte se déroule dans un silence total. Les adultes se taisent et les enfants cessent leurs jeux. L’assemblée suit le danseur des yeux, comme transformée.
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