Propos recueillis par Bérénice Geoffroy-Schneiter, rédactrice en chef Europe de Tribal Art magazine.
Introduction
D’où leur est venue cette passion viscérale, charnelle pour l’Afrique ? Peut-être de ce passé familial et lointain, lorsque les ancêtres de Patrick, propriétaires agricoles et sylvicoles, s’installèrent au Congo à la fin du XIXe siècle. Mais c’est surtout leurs années de coopération passées en Mauritanie, puis à Dakar, qui ont peu à peu forgé le goût et l’œil de ces deux collectionneurs qui aiment tourner le dos aux modes et choisir des « objets à contre-courant ». Patrick et Catherine Sargos ne se définissent-ils pas, avant tout, comme des amoureux de l’Afrique et des Africains ? Rencontre avec ce couple de passionnés au moment où la ville d’Agen expose un florilège de leurs plus belles pièces.
Tribal Art : On ne devient pas collectionneur subitement. Comment est née votre vocation ?
Patrick : Mes parents collectionnaient les tableaux, mais aussi des pièces plus insolites, comme les projets de décors de théâtre. Ils possédaient aussi des Benjamin Rabier, des dessins humoristiques et des caricatures de Caran d’Ache. Jacques, mon plus jeune frère, est d’ailleurs devenu galeriste à Bordeaux, où il s’est spécialisé dans le dessin du XVIIIe siècle… Je n’avais, quant à moi, aucune prédisposition artistique. Au cours de mes études de mathématiques, je me suis mis à fréquenter des étudiants africains, j’ai partagé des fêtes avec eux. En fait, je me suis intéressé d’abord à l’Afrique, avant l’art africain. Mes années de coopération ont décidé de la suite…
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