Par Elaine Sooy Goodman
Introduction
En 1964, alors que les actions du Mouvement des droits civiques1 conduisaient l’Amérique à se remettre en cause, Warren M. Robbins créait le Museum of African Art à Washington, D.C., avec d’établir entre l’intention une communication entre les différentes cultures cohabitant sur le sol américain. Situé à l’origine dans un hôtel particulier de Capitol Hill, ex-demeure de Frederick Douglass, ancien esclave et personnage clé de l’abolition, le musée fut ensuite intégré à la Smithsonian Institution2 puis, en 1987, relogé dans un nouveau complexe de 75 millions de dollars, au Federal Mall. Il partage aujourd’hui avec la galerie d’art asiatique Arthur M. Sackler ce complexe en grande partie souterrain, conçu par l’architecte japonais Junzo Yoshimura. Le National Museum of African Art était déjà tout à fait remarquable au sein du Smithsonian. Mais en 2005, la directrice, Sharon Patton, hissa la collection au niveau mondial en achetant à la Walt Disney Company la collection Walt Disney-Tishman d’art africain. La modeste institution à vocation pédagogique des débuts était devenue l’un des plus beaux musées d’art africain traditionnel au monde.
Warren Robbins n’était ni artiste, ni historien d’art au moment de la fondation du musée. Blanc de confession juive, mais athée, il était originaire de Worcester dans le Massachusetts et n’était jamais allé en Afrique. Il avait étudié l’anglais, l’histoire, l’anthropologie culturelle et la sémantique et était titulaire d’une maîtrise de l’université du Michigan. Il avait été pilote d’avions légers, avait tenu une rubrique sur l’aviation pour un petit journal et enseigné dans un collège privé sur la côte du New Hampshire. Après avoir enseigné un an dans une école américaine en Allemagne, il était entré au service diplomatique en 1951. Dix ans plus tard, il était directeur des programmes culturels américains pour l’Allemagne de l’Ouest, à Bonn.
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