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Magazines - Tribal Art Printemps 2009
La collection buissonnière de Daniel Cordier
Par Bérénice Geoffroy-Schneiter
Introduction
« Je n’ai jamais eu le sentiment d’être un collectionneur et par conséquent d’avoir « commencé » un jour une « collection ». Il y a, dans cette notion, deux aspects qui me gênent : celui d’un maniaque essayant de constituer des séries de n’importe quel objet et chez qui, parfois, le hasard seul a voulu que pour certains d’entre eux ils aient choisi de collectionner des œuvres d’art plutôt que des bagues de cigare. L’autre aspect, tout aussi regrettable pour moi, est celui d’un entrepreneur dressant un plan dont il poursuit méthodiquement la réalisation tout au long de sa vie. À tort ou à raison, je ne me reconnais pas dans ces deux images. Comme beaucoup de « collectionneurs », je préfère à ce mot celui d’amateur pour qualifier ma démarche », confiait Daniel Cordier à Alfred Pacquement en 1989, à l’occasion de sa première donation au Centre Pompidou de quelque cinq cents œuvres d’art moderne et contemporain. Vingt ans plus tard, cet homme exceptionnel et modeste tout à la fois, grand marchand, ancien résistant et secrétaire de Jean Moulin, renouvelle son geste généreux en léguant à l’État français une sorte d’« anti-musée ». Soit quelque quatre-vingt-dix objets dits « exotiques » ou « premiers » faisant écho à une trentaine d’œuvres contemporaines.
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