Par Molly Hennen Huber
Introduction
Un peu partout dans le monde, une vague d’agrandissements et de réaménagements a déferlé sur les musées, et le Minneapolis Institute of Arts (MIA) n’a pas échappé à ce courant. En 2004, la galerie dédiée à l’art du Pacifique a fermé ses portes et son contenu a été transféré dans l’annexe en cours de réalisation dont l’espace, plus vaste, a été repensé par Michael Graves, architecte internationalement reconnu. Ouverte en juin 2006, la nouvelle galerie a conquis le grand public et les amateurs d’art océanien. Elle occupe une place de choix au deuxième étage de la nouvelle aile du musée. L’aménagement reflète, sans rigueur, l’origine géographique des objets, offrant une proximité (toute relative) aux pièces originaires de régions voisines. Cette approche permet d’intégrer en souplesse les nouvelles acquisitions et de souligner les similarités visuelles et conceptuelles des motifs et des idées, par delà les frontières maritimes et culturelles. Ce nouveau regard offre à certains objets, qui appartiennent à notre collection depuis longtemps, un regain d’attention.
Les collections d’art océanien se sont progressivement étoffées au sein du MIA, malgré des débuts plutôt modestes. Fondé en 1883 dans le but de mettre en valeur les plus belles œuvres d’art du monde entier, le musée a ouvert ses portes en 1915 dans le bâtiment de McKim, Mead et White qui constitue, aujourd’hui encore, le cœur de notre implantation. L’acquisition du premier objet d’art du Pacifique, une pagaie des îles Australes, date de 1947. Sa politique sélective a permis au MIA d’obtenir par la suite des pièces océaniennes exceptionnelles, bien que le musée ne disposât pas, à proprement parler, de département d’art tribal jusqu’aux années 1970.
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