Par Christophe Roustan Delatour
Introduction
Cinq ans après la rénovation de ses salles océanienne, précolombienne et arctique, le musée de la Castre inaugure un nouvel espace consacré à l’Himalaya et au Tibet. Ce réaménagement, complété en décembre 2009, répond à l’intérêt croissant pour l’art de ces régions (cf. « La nébuleuse himalayenne », Tribal Art n°54). Il réaffirme aussi, grâce à une présentation innovante, le rôle précurseur du musée de la Castre, qui accueillit dès 1991 l’une des premières expositions dédiées aux masques himalayens1.
Installé dans l’ancien château des abbés de Lérins, surplombant la baie de Cannes, le musée de la Castre abrite une importante collection extra-européenne, largement ouverte sur le monde. Il est, en particulier, l’un des rares musées français à posséder un fonds himalayen et tibétain. La diversité de ce fonds, qui compte aujourd’hui quelque deux cent trente objets, reflète l’évolution du marché, des goûts et des connaissances scientifiques depuis les années 1970. En effet, les premières acquisitions sont représentatives des antiquités et « curios » dénichés à Katmandou, Delhi ou Darjeeling par les voyageurs avertis : accessoires rituels, vêtements et parures, récipients, outils, instruments de musique… À partir de 1987, cependant, le musée délaisse l’ethnographie exotique au profit de « l’art tribal himalayen » (masques, statues, objets chamaniques), dont une poignée de galeristes et de collectionneurs ont pressenti l’importance. Le musée de la Castre a ainsi constitué, dans ce domaine, une collection unique en France. Depuis 2007, des acquisitions ciblées et mieux documentées (achats et dons) ont permis de combler certaines lacunes, en prévision du réaménagement muséographique.
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