Magazines - Tribal Art Hiver 2007
Les animaux dans les arts plastiques de l'Afrique
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par Anne-Marie Bouttiaux, conservateur en chef de la section d’ethnographie au Musée Royal de l’Afrique centrale à Tervuren. Richement illustré, l’article publié dans le magazine se déployait sur huit pages. Résumé : Le Musée Dapper présente, jusqu’au 30 mars 2008, une nouvelle exposition qui explore les relations entre les hommes et les animaux, en Afrique. Parmi tous les objets présentés, certains sont associés à des rituels ou à des pratiques qui n’ont jamais cessé d’exister; d’autres, en revanche, ont vu leur usage disparaître pour des raisons diverses: abandon de cultes, modification des techniques cynégétiques ou impossibilité de les appliquer à cause de la raréfaction d’espèces chassées, voire de leur disparition de l’environnement géographique immédiat des populations qui les côtoyaient autrefois. Les contacts que la gent humaine a développés avec les animaux visent plusieurs objectifs essentiels : chasser, tuer, manger, apprivoiser, domestiquer, sacrifier. En cela, rien de spécifique à l’Afrique, la plupart de ces activités étant partagées par maintes populations dans le monde. Cependant, dans nombre de pratiques qui relèvent des religions animistes, des comportements privilégiés sont, en outre, ritualisés avec l’esprit que des animaux abritent. Les traditions orales relatent alors d’anciens pactes conclus par des ancêtres avec des entités de la nature qui ont choisi un animal comme intermédiaire. Les descendants restent indéfectiblement liés par ces contrats et continuent à bénéficier de protections ou de pouvoirs particuliers. En retour, ils doivent observer des interdits et sont tenus à des devoirs comme, par exemple, honorer leur puissance tutélaire de sacrifices et de libations. Par ailleurs, la nature et notamment la faune s’avèrent un inépuisable réservoir d’inspiration, un observatoire de comportements à évoquer, à imiter, à penser, à comparer et à prendre en exemple. Les mythes, les contes, les fables, les proverbes, les danses, les spectacles et les créations plastiques témoignent de ce travail d’acculturation littéral que l’homme inflige au monde de la « brousse » pour le réinvestir à des fins sociales et rituelles. |


