par Philippe Bourgoin, rédacteur en chef pour l'Europe de Tribal Art Magazine.
Six pages richement illustrées renferment un intéressant entretien avec Steven Hooper, co-comissaire de l'exposition Polynésie, Arts et divinités, 1760-1860.
Introduction:
En mai 2006, le Sainsbury Centre for Visual Arts de Norwich nous conviait à une superbe exposition (voir Art Tribal n° 13, automne 2006, pp. 104-117), l’exploration de la Polynésie au XVIIIe siècle, qui se poursuivit, sous une forme réduite, au British Museum. Aujourd’hui, les Parisiens ont l’opportunité de voir, jusqu’au 14 septembre au Musée du quai Branly, cet ensemble exceptionnel, composé de plus de deux cent cinquante pièces historiques dont la plupart rejoindront, ensuite, les réserves des musées. Images divines imposantes dégageant, encore aujourd’hui, une aura à laquelle on ne peut résister, ces sculptures de bois et de pierre, ornements d’ivoire, parures de plumes, étoffes végétales… illustrent la richesse et la diversité des créations polynésiennes et le rôle important qu’elles jouaient dans la vie culturelle et religieuse.
Cette exposition rassemble des pièces rares, collectées aux XVIIIe et XIXe siècles, issues de grands musées européens. Elle invite ses visiteurs à explorer les îles du Pacifique, particulièrement de 1760 à 1860, période cruciale des premiers contacts avec les voyageurs européens, explorateurs, missionnaires, colons ou négociants. Auparavant, les Polynésiens entretenaient des relations régulières d’une île à l’autre, ignorant tout de l’Europe, du métal, des armes à feu et de la religion occidentale. En un siècle, l’archipel changea du tout au tout bien que, paradoxalement, de vigoureuses identités culturelles survécurent et s’y développèrent.
Nous avons rencontré Steven Hooper, co-commissaire avec Karen Jacobs de cette exposition — dont le nom évoque une autre période passionnante de l’art tribal, celle que vécut son grand-père James Hooper, éminent collectionneur et savant — sans qui cette exposition n’aurait pu être réalisée.