par Jonathan Fogel, rédacteur en chef de Tribal Art Magazine.
Tribal Art Magazine s'est fait écho de cette incontournable exposition, avec un article de six pages reprenant l'histoire de la galerie Louise Leiris -siège de l'événement- et de la congrégation des Sacrés-Coeurs qui collecta les oeuvres exhibées.
Introduction:
Depuis sa découverte le 5 avril 1722 par l'amiral hollandais Jacob Roggeveen, l’île de Pâques représente toujours un lieu aux mystères insondables. Ce bout de terre, perdu dans l’immensité du Pacifique, a de tout temps été soupçonné de receler les vestiges fabuleux de civilisations perdues. Une réputation qui reste, aujourd’hui encore, attachée à l’île, malgré les découvertes archéologiques ou ethnographiques.
Trente et un objets de l’île de Pâques provenant du musée de la Maison générale des pères de la congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie (dite de Picpus), à Rome, viennent d’être exposés à Paris, à la galerie Louise Leiris, en compagnie de vingt-neuf pièces appartenant à la galerie, du 3 juin au 31 juillet 2008. Un événement, depuis la magnifique exposition L’île de Pâques : une énigme, organisée par les Musées royaux d’art et d’histoire à Bruxelles en 1990 — la Maison générale de Rome n’acceptant qu’exceptionnellement de se séparer de ses trésors. L’exposition a eu lieu à l’occasion de la publication d’un livre consacré à l’étude de cette collection par Catherine et Michel, chercheurs au CNRS.
Une exposition magnifiquement et sobrement mise en scène, dont bien des musées auraient pu envier la quantité, la qualité et l’ancienneté des pièces offertes à l’émerveillement des visiteurs. Un exploit pour une galerie privée. Figures féminines et masculines moai kavakava, moai tangata, moai papa, moai tangata, figures d’homme-lézard tangata moko et moko miro, longs bâtons ua et casse-tête paoa, pendentifs tahonga, pagaies ao et rapa, pectoraux reimiro en forme de croissant ainsi qu’une rare couronne de plumes hau kurakura et trois obsidiennes mata ainsi que trois mystérieuses tablettes koau rongorongo complétaient cet impressionnant ensemble représentant à peu près tous les types de sculptures pascuanes.