Magazines - Tribal Art Eté 2007
Arts de cour du Nigeria
|
Par Barbara Plankensteiner, conservateur du département d'art africain au Museum für Völkerkunde de Vienne.
|
Résumé :
Le royaume du Bénin se situe dans la partie méridionale de la ceinture de forêt tropicale au sud du Nigeria. Sa richesse et son influence, développées grâce au commerce et à l’expansion territoriale, en firent l’un des plus puissants royaumes de la région avant l’époque coloniale. Jusqu’au XIIème siècle, le Bénin consistait en un agglomérat d’unités villageoises autonomes dirigées par les « souverains du ciel », les ogiso. D’après la tradition orale, tout changea quand un prince d’Ifé, du nom d’Oranmiyan, fonda une deuxième dynastie dont les rois étaient appelés oba. Le roi actuel du Bénin, Oba Erediauwa, est le trente-huitième souverain de cette lignée. Au XIIIème siècle, le royaume se fit connaître sous le nom d’ « Ubini ». Lorsque les Portugais atteignirent la côte du golfe de Bénin, en 1492, ils nommèrent les terres découvertes « O Beny » - qui donna ensuite « Bénin ». Au XVème siècle, un roi puissant rebaptisa le royaume et sa capitale « Edo », terme qui qualifie encore aujourd’hui la population et la langue. Autorités centrales religieuses et politiques, les oba du Bénin ont traditionnellement dirigé une hiérarchie complexe de dignitaires aux titres et aux fonctions héréditaires ou non. Regroupés en confréries, les artistes créèrent de remarquables œuvres en bronze et en ivoire à la gloire des rois divins et pour orner leurs palais, les autels des ancêtres royaux et les sanctuaires des diverses divinités. L’usage du bronze (d’un point de vue métallurgique, il s’agit de laiton jaune, mais on utilise le terme de bronze pour mettre ces œuvres sur un pied d’égalité avec les créations occidentales) était réservé au roi et à ceux auxquels ils accordaient le droit de s’en servir. Outre leurs fonctions rituelles et cérémonielles, ces sculptures sont aussi des documents historiques. En langue edo, « se souvenir » se dit littéralement « couler en bronze ». En quelque sorte, la fonte saisit l’histoire. Avant la chute tragique du royaume en 1897, l’Europe connaissait peu de chose sur les extraordinaires œuvres d’art du Bénin. Depuis, près de trois mille pièces éclairent les vitrines de nos musées occidentaux et quelques collections privées où, précieux trésors de l’art africain, elles sont jalousement conservées, témoins de la culture remarquable d’un royaume légendaire dont l’histoire couvre plusieurs siècles. L'exposition itinérante, Bénin, cinq siècles d'art royal inaugurée le 8 mai 2007 au musée d’Ethnologie de Vienne, a été réalisée en collaboration avec le Musée du quai Branly, l'Ethnologisches Museum – Staatliche Museen zu Berlin, et The Art Institute of Chicago qui l’accueilleront respectivement du 2 octobre 2007 au 6 janvier 2008, du 7 février 2008 au 25 mai 2008 et du 3 juillet 2008 au 21 septembre 2008. |


