Par Julien Volper conservateur adjoint (section ethnographie) au Musée royal de l'Afrique centrale, Tervuren.
Introduction En 1897, lors de l’exposition Bruxelles-Tervuren, les « civilisés » découvrirent une étonnante production plastique des « primitifs » habitant ce qui était encore l’État indépen- dant du Congo, la propriété exclusive du roi Léopold II, et qui deviendrait en 1908, le Congo belge. Sagement installés dans de longues vitrines en verre, et revêtus d’un pagne que la bienséance de l’époque avait placé sur leurs parties géni- tales, deux géants de bois étaient présentés aux badauds comme étant des « sarcophages wangata ».
Presque un siècle plus tard, en 1995, l’un d’entre eux fut exposé lors de la plus fameuse des expositions organisées par le musée royal de l’Afrique centrale, Trésors cachés. On peut se plaire à penser que cette pièce, qui traversa les ans mieux que les hommes, fut admirée par les descendants de ceux qui l’avaient vue décemment vêtue en 1897. En 2011, cette géante fut séparée une fois encore de son binôme, trop endommagé et mutilé pour espérer séduire un public du XXIe siècle, auprès duquel elle repose habituellement dans les réserves pour partir en France dans la ville de Bordeaux à l’occasion de l’exposition Arts d’Afrique : voir l’invisible.
Le décor est ici planté, nous allons maintenant nous pen- cher un peu plus en détail sur l’histoire de ce cercueil et sur sa fonction.
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