Par Bérénice Geoffroy-Schneiter
Introduction
A la lumière des toutes dernières découvertes archéologiques, le musée du quai Branly, en liaison avec l’INAH (l’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire de Mexico), ressuscite le passé glorieux de Teotihuacán, la plus grande métropole de Méso-Amérique. L’occasion de montrer des pièces exceptionnelles, pour la plupart inédites, et de combattre certains clichés tenaces…
« Bien qu’il fît nuit,
Bien que le jour ne se fût pas levé,
Bien qu’il n’y eût aucune lumière,
Ils se rassemblèrent.
Les Dieux se réunirentv
Ici à Teotihuacán. »
« Teotihuacán »… « Le lieu où naissent les dieux », ou, selon d’autres traductions, « la ville qui a le pouvoir de transformer les hommes en dieux »… Peu de sites archéologiques dégagent une telle impression de démesure, d’orgueil et de puissance. Cité minérale aux allures de théâtre abandonné – si l’on excepte les cohortes de petits écoliers mexicains ou de touristes harassés par la chaleur ! -, Teotihuacán fascine et déroute tout à la fois. Quelle civilisation fut assez sophistiquée et mégalomane pour faire surgir d’une plaine alluviale (s’y déversaient, à l’origine, les eaux de trois rivières) ces constructions titanesques au profil pyramidal et ces multitudes de plateformes et de petits autels ponctuant, de leur silhouette trapue, un espace savamment quadrillé ? Quelle population hantait ces demeures ornées de peintures à la polychromie hardie ? Quelles divinités adorait-on dans ces temples dont les escaliers vertigineux accueillaient de terrifiantes créatures chimériques en ronde-bosse ?
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