Par Elena Martinez-Jacquet
Introduction
« Je voudrais que cette huitième édition du Parcours des mondes soit un moment fort pour les marchands ; une occasion de célébrer leur contribution à la connaissance et à la valorisation des arts premiers, de rendre hommage à ces incontournables passeurs d’objets qui ont assouvi les désirs de tant de collectionneurs privés et de musées ». Telles étaient les intentions de Pierre Moos, directeur du Parcours des mondes et, surtout, grand passionné d’arts premiers, lorsqu’il me confia la mission de mettre sur pied une exposition à la Monnaie de Paris dans le cadre du salon, comme cela avait été fait avec succès en 2008 avec Fragments du Vivant, sculptures africaines dans la collection Liliane et Michel Durand-Dessert.
Suscitée par une profonde admiration pour les marchands, l’idée de Pierre Moos d’en faire pendant six semaines le thème même d’une exposition m’apparut des plus intéressantes, pour ne pas dire nécessaire… Force est de constater, en effet, que les marchands sont les grands absents des événements et des études portant sur les arts premiers. Parfois, il arrive que le nom d’un galeriste historique, tels Paul Guillaume, Charles Ratton ou encore Jacques Kerchache — élevé au rang des pionniers pour son engagement à la création du Pavillon des Sessions du Louvre et du musée du quai Branly — se glisse dans la description du pedigree d’un objet. Mais ces mentions n’apportent aucun éclairage particulier sur ces personnalités ; aussi leurs motivations, leurs goûts ou leurs parcours demeurent-ils tout aussi insaisissables.
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