Par Robert K. Paterson
Introduction
En 2005, le National Museum of Natural History, Smithsonian Institution, restitua aux Tribus confédérées de la réserve indienne d’Umatilla, en Oregon, une réplique en laiton du XVIIIe siècle d’une massue maori de Nouvelle-Zélande. Ce fut la dernière étape du long parcours d’une « curiosité artificielle » par excellence. Peu d’histoires illustrent aussi bien l’influence que les lieux et la personnalité des propriétaires peuvent avoir sur le parcours d’un objet.
La pièce en question est l’une des quarante répliques en laiton de massue maori (patu onewa) commandées par le naturaliste anglais Sir Joseph Banks (fig. 1) pour le capitaine James Cook. Les patu onewa sont de courtes massues, réalisées dans un basalte sombre au grain fin et poli, percées d’un orifice à la poignée (fig. 3). Fruits d’un travail laborieux, elles avaient beaucoup de valeur aux yeux des Maori. Probablement impressionné par ces armes au cours de son premier voyage avec Cook (1768–1772), Banks décida d’en faire fabriquer des versions en métal destinées aux expéditions suivantes. Ce précédent stimula de nombreuses autres tentatives européennes ou même polynésiennes (Coote, 2008, p. 49–51) de copies d’artefacts polynésiens. Après cette première expédition, Banks n’accompagna finalement pas Cook. Il ne put donc contrôler la distribution de ces répliques dont on ignore si elles étaient uniquement destinées aux Maori. On ne sait pas, non plus, pourquoi il opta pour la réplique d’une pièce en basalte plutôt qu’en néphrite, en os de baleine ou en bois, bien qu’il fût plus difficile de couler du laiton autour de ces matières plus délicates.
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