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Magazines - Tribal Art Automne 2007
Le masque de buffle de Versailles
Par Peter Mack, adapté, avec la permission des auteurs, de l’appendice du livre The Wild Bull and the Sacred Forest, Cambridge University Press, Cambridge, 1992.
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Résumé:
Le masque à cornes orné d’inscriptions en caractères arabes, dont il est question dans cet article, se trouve aujourd’hui dans les collections du musée du quai Branly, à Paris. Il provient du musée de l’Homme, où il avait été transféré en 1934, avec un groupe d’objets d’origine nord-américaine provenant de la bibliothèque de la ville de Versailles, dont un ensemble de très anciennes robes en peau de buffle peinte qui a fait l’objet d’un article de Christian Feest dans le numéro précédent de cette revue.
À l’époque de son transfert au musée de l’Homme, ce masque — indubitablement de type kebul, originaire de la région de Casamance, à la jonction du Sénégal et de la Gambie — était identifié comme : « Masque de chasse en vannerie, recouvert de graines rouges et représentant la tête d’un buffle. États-Unis. Louisiane ». Depuis son déménagement du château à la bibliothèque de Versailles en 1806, cette collection à l’histoire passionnante n’avait pas bougé. Au château, elle avait fait partie d’un cabinet d’histoire naturelle, intégré à un musée public de 1793 à 1806.
Dans la première édition du catalogue de la collection de la bibliothèque de Versailles (1869) où figure la liste des objets en provenance d’Amérique du Nord, il est fait mention d’un « masque de chasse de la Louisiane ». En l’absence de toute autre documentation, cette référence plutôt sibylline, ainsi que l’attribution d’une provenance nord-américaine, laisseraient planer le doute : s’agit-il ou non du masque de Casamance ? Un article publié en 1897 et consacré au cabinet d’histoire naturelle de la bibliothèque de Versailles est illustré d’une photo montrant la présentation des objets nord-américains. On y voit un mannequin revêtu d’habits supposés comme étant typiquement indiens. Ce dernier est coiffé d’un couvre-chef orné de cornes qui n’est autre que le masque de Casamance.
À l’évidence, l’objet avait passé toutes ces années dans la collection de la bibliothèque de Versailles, sous une fausse identité…
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