Par Tom McLaughlin
(Introduction)
Lorsque les États-Unis d’Amérique ont été solidement installés, de l’Atlantique au Pacifique, ses habitants ont commencé à s’intéresser aux peuples aborigènes qu’ils avaient déplacés tout au long du processus d’émergence de leur nation. Il existe, sans nul doute, un paradoxe entre l’intérêt raisonné et la peur du contact. Lorsque la population indigène cessa d’être un danger et un obstacle, elle devint digne d’intérêt. Ce changement de perspective requiert une diminution de la prétention raciale démesurée de l’homme blanc, un processus qui à une longue histoire. Aujourd’hui, en tant qu’Euro-Américains, nous appartenons à une stupéfiante ère technologique, mais jetons un regard nostalgique sur des cultures que nous avons détruites et qui possédaient la spiritualité qui nous manque.
L’intérêt objectif ou scientifique pour les races et les groupes ethniques s’est développé au siècle des Lumières et n’a cessé de croître. Maximilian, prince de Wied-Neuwied (1772-1867), aristocrate, naturaliste et explorateur, était suffisamment éloigné des Indiens des plaines du nord de l’Amérique pour s’intéresser à eux comme un peuple à part entière. Il fut un grand admirateur d’Alexander von Humboldt, à la fois son ami et mentor, et élève de Johann Blumenbach, éminent anthropologue des Lumières. Après avoir combattu lors des guerres napoléoniennes, Maximilian dirigea une expédition dans les jungles du Brésil. Il en résulta une œuvre en deux volumes intitulée Reise nach Brasilian in den Jahren 1815 bis 1817 (1820-1821), dont les illustrations s’inspirèrent de ses propres dessins. Celles-ci, bien que de qualité, mettent en lumière le talent extraordinaire de Karl Bodmer (1809-1893), l’artiste que Maximilian avait emmené avec lui lors de sa seconde expédition en Amérique en 1832.
Alors que les indigènes représentés par Maximilian sont des membres de tribus amazoniennes ordinaires, les esquisses de Bodmer dépeignent des individus authentiques et singuliers plus que des spécimens ethnographiques.
Le travail original de Bodmer est composé de dessins et d’aquarelles qui furent plus tard reproduits par une série d’artistes dans des gravures à l’aquatinte, parfois colorées. Ces illustrations furent d’abord publiées dans le livre de Maximilian, Reise in das innere Nord-America in den Jahren 1832 bis 1834 (Coblenz, 1839-1841, Achermann & Comp., Londres, 1843-1844 et Arthus Bertrand, Paris, 1840-1843), relatant leurs voyages parmi les Sioux, Mandan, Hidatsa, Mintari, Arikara, Crow et Blackfoot dans la région du Haut Missouri. Une deuxième édition, réalisée à partir des cuivres originaux, fut publiée soixante-dix ans plus tard dans Ausgabe unkolorierter Drucke von den Originalplatten des Bildatlas (Schmidt und Gunther, Leipzig, 1921-1922).
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