Magazines - Tribal Art Automne/Hiver 2005
L'Espagne Tribale
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Par Elena Martínez-Jacquet
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Résumé: Les arts premiers semblent avoir trouvé enfin une place d’honneur dans le panorama culturel espagnol. Tel est le constat qui s’impose au regard du succès que remporte depuis le 19 octobre Orígenes. Artes primeras: une exposition incontournable, proposée par le Centre Culturel Conde Duque de Madrid, où sont exhibés près de 160 chefs-d’oeuvres d’Amérique, Afrique, Asie et Océanie, issus des meilleures collections privées et publiques de la péninsule ibérique. Cet événement conçu par Ana et Antonio Casanovas confirme l’intérêt croissant du public espagnol dans ces dernières pour l’art primitif; un goût forgé lentement au contact des collections museáles et des objets proposés dans les galeries spécialisées qui jalonnent les principales villes: Madrid et Barcelone. En effet, l’Espagne renferme un petit univers tribal intéressant mais malheureusement trop méconnu, éclipsé peut-être par le prestige des grands musées européens et des marchands parisiens et bruxellois. Les principales collections publiques d’art primitif se trouvent dans la capitale espagnole. Le Musée National d’Anthropologie, créé en 1875 par le roi Alphonse XII, abrite par exemple un bel ensemble de gardiens de relicaire Fang, ainsi que d’intéressants objets des Philippines et d’Océanie. Les plus beaux objets précolombiens sont conservés au Musée des Amériques; une institution qui possède également une des collections les plus importantes au monde d’objets américains de la côte Nord-Ouest. Dans les dernières années, des initiatives privées se sont ajoutées à ces musées publics. Ainsi, le Musée Barbier-Mueller d’art Précolombien de Barcelone a ouvert ses portes en 1997, tandis qu’à Valladolid, la Fondation Alberto Jiménez-Arellano Alonso, créée en 2004, accueille une singulière collection de terres cuites africaines. Le marché de l’art primitif a également connu un essor en Espagne; une tendance qui vient récompenser la persévérance des principaux marchands de Madrid et de Barcelone. Les expositions et le dynamisme du marché en témoignent: l’Espagne tribale se réveille.
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